Entre onirisme et symbolisme,

 

Depuis toujours la matière, sous toutes ses formes, m’appelle. La necessité   de l’explorer et de la transformer s’impose à moi, comme une façon d’actualiser sans cesse la vie.

Ce que je recherche avant tout est le geste premier.

Ce geste archaïque , énigmatique, qui est le creuset même de tout commencement , de toute naissance, porte en lui le contenu de la vie. Ce symbole est chargé d’une gigantesque énergie vitale . Y accéder, me permet d’ouvrir la porte d’une créativité sans réserve, dans l’infinitude des possibles.

Ce geste est toujours accompagné d’innocence, celle de l’enfant , à qui je laisse une place essentielle dans mon travail.

De là, le jeu jaillit, frais, drôle, inattendu, vibrant me permettant de naviguer sur les eaux de l’imaginaire.

Laisser l’histoire se raconter à travers mon expression.

Laisser la poésie se dire, infuser.

Dans ce voyage, je peux passer d’une matière à l’autre, d’une couleur à l’autre, dans le seul enjeu de conserver cette ligne invisible, lieu de mouvement et de renouveau .

Ainsi la création est plurielle, non restrictive, non censurée,…libre…

Ce monde imaginaire est symbole de voyage, d’origine, de jeu, de vivant. J’y tisse les mémoires et les espérances pour demain.

J’utilise de vieux tissus : draps, dentelles, chemises anciennes :

Dans ces vieilles étoffes sont inscrites les mémoires de la vie de la naissance à la mort. Le travail des femmes y est également présent et parlant : couture, reprises, broderies, lavages, repassages, empesage…

Tout cela raconte des histoires de vie, des temps et des temps. Je les utilise en supports, afin de les actualiser, les remanier, les transformer. Il s’agit de transmuter toutes ces mémoires, magnifier le temps et proposer de nouvelles légendes à créer, lavées de l’ancien, portées à l’ordre du contemporain.

 

Je travaille aussi avec de vieilles correspondances que je recycle, toutes sortes de papier, carton, tissus, dentelles, végétaux que j’amalgame, le blanc est choisi en majorité dans l’intention de rendre ces pièces intemporelles, les extraire de l’histoire, toujours pour y remettre du jeu, un nouveau possible.

D’autres matériaux y sont incorporés, au gré des trouvailles, pièces d’antiquités ou glanées au cours de voyages. Les associations de matériaux cherchent à se mettre en résonnance, en relation, unis et uniques.