Artiste plasticienne, Eve Fouquet conjugue l'abstraction et la symbolique à l'infini des nombres.Dentelles, tissus, papiers, végétaux, fils estampés, empreintes tissées, comme autant de sinogrammes, de signes cabalistiques de traces enfouies dans la mémoire collective, l'artiste établit des correspondances entre les matières et l'au delà, entre l'invisible et le tangible.
Couleurs poudreuses, tonalités diaphanes, transparences et lumières papillonnent en osmose et nous emportent à la croisée des mondes. En ce lieu d'immanence, nous embarquons sur la nef solaire.Saisie par une sensation d'intemporalité, l'âme s'éveille, s'ouvre et s'élève vers d'autres réalités; tous les possibles nous chuchotent des histoires de vie, à voix basse...
Les peintures d'Eve Fouquet sont autant de tantras, elles explorent le concept même des cycles et, en premier lieu, celui de ces énergies vitales qui traversent l'espace temps, celui de la création qui sans fin se régénère et transfigure toute chose...
Sa démarche artistique dépasse donc les simples enjeux esthétiques, elle est une quête sacrale, une recherche de ce geste premier qui ouvre le chemin de l'illumination.
La présence d'anges sur certaines de ses toiles (l'ange gardien doté de la vision des origines et de la destination de l'être a pour mission d'en éclairer le chemin.)
Cette présence témoigne et affirme, de la façon assumée, de la haute dimension de son oeuvre.
Cette dimension, nous la trouvons dans son ballet aérien de méduses. Toutes sont certainement des filles de Céto. Elles nous renvoient à l'eau, élément qui nous relie à la mère et à la féminité...
Mais laissons toute tentative d'interprétation, ouvrons grand les portes de notre imaginaire et comme nous y invite Eve: "laissons la poésie se dire, s'infuser"... Laissons notre propre histoire se raconter à travers son expression...Laissons tout simplement le rêve s'installer et prendre place...

 

                                                     Philippe lemoine

Texte écrit dans le cadre de l'exposition au centre d'art contemporain de Gruissan en Mai 2016.